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Retatrutide : le triple agoniste GLP-1 + GIP + glucagon d'Eli Lilly

Le retatrutide est le premier triple agoniste GLP-1 + GIP + glucagon en phase 3. Programme TRIUMPH d'Eli Lilly, perte de poids 24,2 % à 48 semaines dans la phase 2 (Jastreboff 2023, NEJM). AMM EMA prévue 2027-2028.

Auteur
L'équipe scientifique des Peptides
Publication
12 mai 2026
Mise a jour
13 mai 2026
Lecture
12 min

TLDR

Ce que c'est — Le retatrutide est le premier triple agoniste en cours de phase 3, conçu pour activer simultanément les trois récepteurs GLP-1, GIP et glucagon. Développé par Eli Lilly dans la suite du tirzepatide (double agoniste GLP-1 + GIP), il est aujourd'hui la molécule peptide la plus discutée du pipeline obésité-diabète. Aucune AMM à la rédaction — programme TRIUMPH lancé en 2023, AMM EMA et FDA attendues entre 2027 et 2028.

L'innovation de design — Là où le sémaglutide active un récepteur (GLP-1) et le tirzepatide en active deux (GLP-1, GIP), le retatrutide en active trois — incluant le récepteur du glucagon, qui à dose pharmacologique semble paradoxalement stimuler la dépense énergétique et la lipolyse. Demi-vie ~6 jours, administration sous-cutanée hebdomadaire.

Phase 2 — l'amplitude qui a fait parlerJastreboff et al. 2023, NEJM : n=338 adultes obèses, 48 semaines, perte de poids 24,2 % à la dose 12 mg/sem vs 2,1 % sous placebo. C'est le chiffre le plus élevé jamais rapporté pour un médicament obésité — dépasse SURMOUNT-1 du tirzepatide (20,9 % à 72 semaines). Confirmation phase 3 attendue.

Programme TRIUMPH (phase 3) — Plusieurs essais en cours : TRIUMPH-1, TRIUMPH-2, TRIUMPH-3, TRIUMPH-4. Résultats progressifs 2025-2027. Programme cardiovasculaire (TRIUMPH-Outcomes) également lancé.

Cadre actuel — Pas d'AMM, pas de prescription possible en France. Toute commercialisation présentée comme *« retatrutide »* à la rédaction relève du marché parallèle international sous étiquette *« research only »* — voir risques, législation et dopage et médicament, complément, cosmétique : trois statuts. Falsifications applicables à la classe (alerte ANSM 2023).

Le verdict — Molécule la plus prometteuse du pipeline obésité 2026, premier triple agoniste à approcher l'AMM. À surveiller. À ne pas acheter en marché parallèle aujourd'hui.

Questions frequentes sur le retatrutide

Les reponses rapides avant d'entrer dans le detail.

Retatrutide c'est quoi ?

Le premier triple agoniste GLP-1 + GIP + glucagon en phase 3. Développé par Eli Lilly (Indianapolis, même laboratoire que le tirzepatide), le retatrutide est un peptide synthétique conçu pour activer simultanément trois récepteurs incrétines : GLP-1 (cf. sémaglutide), GIP (cf. tirzepatide), et glucagon — innovation pharmacologique majeure. À la rédaction (mai 2026), aucun pays n'a accordé d'AMM au retatrutide. Le programme phase 3 TRIUMPH a été lancé en 2023, résultats progressifs attendus 2025-2027, AMM EMA et FDA attendues entre 2027 et 2028.

Retatrutide a-t-il une AMM ?

Non, aucune à la rédaction. Ni en France (ANSM), ni en Europe (EMA), ni aux États-Unis (FDA), ni dans aucune autre juridiction. Le retatrutide est encore en phase 3 de développement clinique chez Eli Lilly — programme TRIUMPH. Tout produit étiqueté *« retatrutide »* vendu en France aujourd'hui relève strictement du marché parallèle international, sous étiquette *« research only »* qui constitue un pare-feu juridique apparent (le produit est requalifiable en médicament non autorisé selon l'article L. 5111-1 du Code de la santé publique). Pour le cadre juridique des peptides hors AMM, voir risques, législation et dopage.

Retatrutide fait perdre combien de poids ?

24,2 % de perte de poids à 48 semaines à la dose maximale en phase 2. L'étude pivot phase 2 Jastreboff et al. 2023, NEJM — n=338 adultes obèses (IMC ≥ 30, sans diabète), 48 semaines, plusieurs doses de retatrutide vs placebo, avec mesures hygiéno-diététiques renforcées dans les deux bras. Résultats : perte de poids 24,2 % sous 12 mg/sem vs 2,1 % sous placebo. C'est le chiffre le plus élevé jamais rapporté pour un médicament obésité, dépassant SURMOUNT-1 du tirzepatide (20,9 % à 72 semaines) et STEP-1 du sémaglutide (14,9 % à 68 semaines). À confirmer par les essais phase 3 du programme TRIUMPH — l'amplitude phase 2 peut diminuer en phase 3 sur des cohortes plus larges et plus diverses.

Retatrutide vs tirzepatide vs sémaglutide — quelle différence ?

Trois générations, trois niveaux de mécanisme. Le sémaglutide (Ozempic, Wegovy, AMM 2017) est un mono-agoniste GLP-1 (activation d'un récepteur). Le tirzepatide (Mounjaro, Zepbound, AMM 2022) est un double agoniste GLP-1 + GIP (deux récepteurs). Le retatrutide (AMM attendue 2027-2028) est un triple agoniste GLP-1 + GIP + glucagon (trois récepteurs). L'innovation : ajout de l'activation du récepteur du glucagon, qui à dose pharmacologique semble paradoxalement stimuler la dépense énergétique et la lipolyse plutôt que d'augmenter la production hépatique de glucose. Mécanisme proposé : un effet *« coup de fouet métabolique »* qui complémente les effets satiété et insulinotropes du GLP-1 et du GIP.

Quand le retatrutide sera-t-il commercialisé en France ?

Estimation : 2028, après l'AMM EMA attendue fin 2027. Le programme phase 3 TRIUMPH d'Eli Lilly a été lancé en 2023. Plusieurs essais : TRIUMPH-1 (obésité hors diabète, n>2 000), TRIUMPH-2 (obésité + diabète T2), TRIUMPH-3 (obésité avec maladie cardiovasculaire), TRIUMPH-4 (obésité chez l'adolescent). Les résultats sont attendus progressivement 2025-2027. Le dépôt d'AMM EMA est anticipé fin 2026 ou 2027 selon les résultats consolidés, avec une autorisation potentielle fin 2027 ou 2028. La commercialisation française suivrait, avec la phase de remboursement HAS classique — probablement courant 2028-2029. Les calendriers d'AMM peuvent glisser : Wegovy avait pris plus de temps que prévu entre la phase 3 et la commercialisation française effective.

Peut-on acheter du retatrutide aujourd'hui ?

Pas légalement en France. Aucune AMM, aucun canal pharmaceutique légal. Toute commercialisation présentée comme *« retatrutide »* en France à la rédaction relève du marché parallèle international — typiquement sites internationaux sous étiquette *« research only »*, prix indicatif 80-200 €/flacon, sans Bonnes Pratiques de Fabrication, sans stérilité contrôlée pour injection, sans traçabilité lot, sans pharmacovigilance. Plusieurs risques documentés : composition non garantie (substitution possible par un autre analogue GLP-1 voire par de l'insuline — voir alerte ANSM 2023 sur Ozempic falsifié), exposition pénale à l'importation, sanction WADA pour les sportifs. Pour la grille d'audit complète d'un site international : fournisseurs de peptides — 12 signaux de risque.

Retatrutide est-il sur la liste WADA ?

Implicitement oui — classe S2. L'Agence mondiale antidopage inclut dans la classe S2 (Peptide hormones, growth factors, related substances and mimetics) toutes les substances non approuvées dans aucun pays — par défaut, donc, le retatrutide tant qu'il n'a pas obtenu d'AMM. Une fois l'AMM EMA et FDA obtenues (attendues 2027-2028), le statut sera revu selon la procédure WADA habituelle. Pour les analogues GLP-1 déjà approuvés (sémaglutide, tirzepatide, liraglutide), le statut est nuancé : pas interdits en tant que classe, mais usage hors AMM par un sportif (pour perte de poids non médicalement indiquée) peut faire l'objet d'une analyse contextualisée. Sanction sportive en première intention pour une substance S2 : 4 ans de suspension. Voir risques, législation et dopage pour les peptides expérimentaux.

Le retatrutide est la molécule peptide la plus discutée du pipeline obésité-diabète de 2026. Pour une raison précise : 24,2 % de perte de poids à 48 semaines dans son essai phase 2 (Jastreboff et al. 2023, NEJM). C'est le chiffre le plus élevé jamais rapporté pour un médicament obésité — dépassant SURMOUNT-1 du tirzepatide (20,9 % à 72 semaines) et STEP-1 du sémaglutide (14,9 % à 68 semaines).

Développé par Eli Lilly dans la suite directe du tirzepatide, le retatrutide ajoute un troisième récepteur incrétine au mécanisme : il active simultanément GLP-1, GIP et glucagon. Là où le tirzepatide est un double agoniste, le retatrutide est un triple agoniste — premier de la classe. L'innovation de design tient dans la combinaison improbable du GLP-1 (effet insulinotrope et satiété) et du glucagon (qui à dose pharmacologique stimule paradoxalement la dépense énergétique et la lipolyse, plutôt que d'augmenter la production hépatique de glucose).

Programme phase 3 TRIUMPH lancé en 2023, plusieurs essais en parallèle, résultats progressifs 2025-2027. AMM EMA et FDA attendues entre 2027 et 2028. Commercialisation française probable en 2028-2029.

Cinq points structurent la lecture : le mécanisme triple agoniste et ses spécificités, les chiffres phase 2 et la robustesse statistique, le programme TRIUMPH en cours, la lignée pharmacologique 2017 → 2022 → 2027 (sémaglutide → tirzepatide → retatrutide), et — point critique — le statut juridique actuel (pas d'AMM, donc tout produit *« retatrutide »* en circulation relève du marché parallèle, avec les risques sanitaires et juridiques associés).

Eli Lilly étend la double agonie à une triple — l'innovation de design

Le retatrutide est né du programme post-tirzepatide d'Eli Lilly. La logique pharmaceutique : si la double agonie GLP-1 + GIP du tirzepatide produit une perte de poids supérieure aux mono-agonistes GLP-1, alors l'ajout d'un troisième récepteur devrait amplifier l'effet — à condition de choisir un récepteur dont l'activation est métaboliquement cohérente.

Pourquoi le glucagon ?

Le glucagon est la contre-hormone classique de l'insuline. Sécrété par les cellules alpha du pancréas en réponse à l'hypoglycémie, il stimule la production hépatique de glucose (glycogénolyse, gluconéogenèse). À première vue, ajouter une activation du récepteur du glucagon à un médicament antidiabétique semble paradoxal — on aggraverait l'hyperglycémie.

Mais à dose pharmacologique (et pas physiologique), l'activation du récepteur du glucagon a d'autres effets documentés : stimulation de la dépense énergétique au repos, lipolyse dans le tissu adipeux, réduction de la prise alimentaire par voie centrale. Ces effets sont rapportés depuis les années 2010 dans les modèles précliniques d'analogues glucagon (Pocai et al. 2009, confirmé par la caractérisation pharmacologique du retatrutide Coskun et al. 2022, Nature Medicine). L'idée du retatrutide : combiner ces effets *« coup de fouet métabolique »* du glucagon avec les effets satiété/incrétine du GLP-1 et du GIP. Sur le plan glycémique, l'effet GLP-1 (Holst 2007 review) (sécrétion d'insuline glucose-dépendante) compenserait l'effet hyperglycémiant attendu du glucagon — équilibre net en faveur de la baisse de glycémie.

Pharmacocinétique

Le retatrutide partage avec le tirzepatide la stratégie de demi-vie longue : chaîne d'acide gras attachée à la séquence peptidique, liaison à l'albumine plasmatique, demi-vie ~6 jours, administration hebdomadaire sous-cutanée. Doses étudiées en phase 2 : 1, 4, 8, 12 mg/sem. Doses pivots de la phase 3 TRIUMPH typiquement 4-12 mg/sem.

Le brevet

Brevet Eli Lilly. Aucun générique légal possible avant l'expiration des brevets en 2035-2040 selon les juridictions et les formulations.

Phase 2 — 24,2 % de perte de poids, le chiffre qui a fait parler

L'étude pivot qui a changé la conversation sur l'obésité médicamenteuse en 2023.

Design

Jastreboff et al. 2023, NEJM, *Triple-hormone-receptor agonist retatrutide for obesity*. RCT (essai randomisé contrôlé) phase 2 multicentrique, randomisé, double aveugle, contrôlé contre placebo, à doses parallèles. n=338 adultes obèses (IMC ≥ 30 sans diabète type 2, ou IMC ≥ 27 avec au moins une comorbidité), 48 semaines de traitement, conseils hygiéno-diététiques renforcés dans tous les bras.

Bras de l'étude :

  • Placebo
  • Retatrutide 1 mg/sem
  • Retatrutide 4 mg/sem
  • Retatrutide 8 mg/sem (escalade lente)
  • Retatrutide 8 mg/sem (escalade rapide)
  • Retatrutide 12 mg/sem

Résultats principaux

Perte de poids à 48 semaines (% du poids initial) :

  • Placebo : -2,1 %
  • Retatrutide 1 mg : -7,2 %
  • Retatrutide 4 mg : -12,9 %
  • Retatrutide 8 mg (escalade lente ou rapide) : -17,3 % à -17,5 %
  • Retatrutide 12 mg : -24,2 %

C'est le chiffre le plus élevé jamais rapporté pour un médicament obésité dans un RCT publié. Pour comparaison, à des points temporels similaires : sémaglutide 2,4 mg = ~15 %, tirzepatide 15 mg = ~17 % à 48 semaines (puis 20,9 % à 72 semaines dans SURMOUNT-1).

Autres findings :

  • 100 % des patients sous 12 mg ont perdu au moins 5 % du poids
  • 83 % sous 12 mg ont perdu au moins 15 %
  • 26 % sous 12 mg ont perdu au moins 30 % — niveau de réduction proche de la chirurgie bariatrique

Effets indésirables

Profil similaire à la classe GLP-1 : nausées, vomissements, diarrhée, constipation — dose-dépendants, transitoires. Pas de signal hyperglycémique problématique malgré l'activation du récepteur du glucagon — l'effet GLP-1 compense.

Limites de cette phase 2

  • Échantillon de 338 patients — petit pour des conclusions définitives
  • 48 semaines — trop court pour évaluer le maintien à long terme
  • Pas de bras tirzepatide head-to-head — comparaison indirecte avec SURMOUNT-1
  • Cohorte sans diabète T2 — extension à la population diabétique en phase 3

La phase 3 TRIUMPH est conçue pour répondre à ces limites.

Schéma pixel art montrant mono, double puis triple activation des récepteurs GLP-1, GIP et glucagon.
Le retatrutide ajoute le récepteur glucagon à la double agonie GLP-1 + GIP.

Programme TRIUMPH — la phase 3 en cours

Le programme pivot d'Eli Lilly pour le retatrutide. Plusieurs essais randomisés contrôlés en parallèle, structurés par population et indication, tous référencés sur ClinicalTrials.gov.

Les essais TRIUMPH

  • TRIUMPH-1 — Obésité sans diabète, n>2 000 attendus, durée 76 semaines, dose 12 mg/sem max. Endpoint primaire : perte de poids à 76 semaines.
  • TRIUMPH-2 — Obésité avec diabète type 2, n similaire, design analogue mais avec endpoints glycémiques additionnels.
  • TRIUMPH-3 — Obésité avec maladie cardiovasculaire établie. Évaluation des bénéfices cardiovasculaires en plus de la perte de poids.
  • TRIUMPH-4 — Obésité chez l'adolescent (12-17 ans). Programme pédiatrique.
  • TRIUMPH-Outcomes — Essai cardiovasculaire à très large échelle (n>15 000), évaluation des MACE (Major Adverse Cardiovascular Events) sur 4-5 ans. Équivalent SURPASS-CVOT pour le tirzepatide ou SUSTAIN-6 pour le sémaglutide.

Calendrier prévisionnel

  • 2025-2026 : résultats progressifs des essais TRIUMPH-1 et TRIUMPH-2
  • Fin 2026 / 2027 : dépôt d'AMM EMA et FDA si les résultats sont consolidés
  • Fin 2027 / 2028 : AMM probable
  • 2028-2029 : commercialisation française effective avec remboursement HAS classique

Les questions ouvertes

  • Maintien de la perte de poids à long terme — phase 2 montre 24 % à 48 sem, mais le maintien à 2-3 ans est l'enjeu réel (la perte de poids tend à plafonner et à rebondir partiellement à l'arrêt du traitement)
  • Effets cardiovasculaires — l'activation du glucagon pourrait théoriquement avoir des effets cardiaques distincts des GLP-1/GIP seuls. TRIUMPH-Outcomes est conçu pour répondre.
  • Profil de sécurité à long terme — pancréatite, lithiase biliaire, fonction rénale, signal MEN-2 (néoplasie endocrinienne multiple type 2) — à confirmer sur cohortes larges et durées prolongées.
  • Population pédiatrique — TRIUMPH-4 spécifique

La lignée 2017 → 2022 → 2027 — sémaglutide, tirzepatide, retatrutide

Le retatrutide n'est pas une innovation isolée. Il s'inscrit dans une trajectoire pharmacologique précise sur dix ans, où chaque génération étend mécaniquement la précédente.

2017 — Sémaglutide (mono-agoniste GLP-1)

  • Mécanisme : agoniste unique du récepteur GLP-1
  • Effet : sécrétion d'insuline glucose-dépendante, satiété centrale, ralentissement vidange gastrique, effets cardiovasculaires (SUSTAIN-6 -26 % MACE)
  • Perte de poids pivot : -14,9 % à 68 sem (STEP-1)
  • Demi-vie : 165 h (hebdomadaire)
  • Voir sémaglutide

2022 — Tirzepatide (double agoniste GLP-1 + GIP)

  • Innovation : ajout de l'activation du récepteur GIP
  • Effet additionnel : potentialisation de la sécrétion d'insuline, modulation du métabolisme du tissu adipeux
  • Perte de poids pivot : -20,9 % à 72 sem (SURMOUNT-1)
  • Demi-vie : ~120 h (hebdomadaire)
  • Voir tirzepatide

2027-2028 — Retatrutide (triple agoniste GLP-1 + GIP + glucagon, en cours)

  • Innovation : ajout de l'activation du récepteur du glucagon
  • Effet additionnel : stimulation de la dépense énergétique au repos, lipolyse dans le tissu adipeux
  • Perte de poids phase 2 : -24,2 % à 48 sem (Jastreboff 2023, NEJM)
  • Demi-vie : ~6 jours (hebdomadaire)
  • AMM attendue : 2027-2028

Cohérence de la trajectoire

L'incrémentalité est claire : un récepteur, puis deux, puis trois, avec amélioration progressive de l'amplitude de perte de poids et stabilité de la fréquence d'administration (hebdomadaire). Cette trajectoire est l'une des plus régulières de l'innovation pharmaceutique récente — comparable à celle de l'insuline (1922 animale → 1982 humaine recombinante → 1996 analogues — voir insuline) ou à celle des inhibiteurs de pompe à protons sur les années 1990.

Au-delà du retatrutide ?

Des quadruple agonistes sont déjà en développement préclinique (ajout d'un quatrième récepteur incrétine ou métabolique). Reste à voir si la complexité mécanistique se traduit en bénéfice clinique au-delà du retatrutide — l'effet de plafond pharmacologique peut être atteint avant l'ajout de récepteurs supplémentaires.

Barres pixel art comparant placebo, sémaglutide, tirzépatide et retatrutide en perte de poids.
Le contour pointillé rappelle que le chiffre du retatrutide vient encore d’une phase 2.

Statut juridique actuel — pas d'AMM, donc tout produit *« retatrutide »* en France relève du marché parallèle

Le retatrutide n'a aucune AMM dans aucun pays à la rédaction. C'est un médicament en cours de développement, pas un médicament approuvé.

Ce que cela signifie en France

  • Pas de prescription possible par un médecin français — confirmation ANSM (sauf protocole exceptionnel d'essai clinique, sur centre habilité)
  • Pas de dispensation en pharmacie agréée
  • Pas de remboursement par l'Assurance Maladie
  • **Tout produit étiqueté *« retatrutide »* vendu en France à la rédaction relève strictement du marché parallèle international**

Les risques du marché parallèle retatrutide

Identiques aux risques de toute la classe GLP-1 hors circuit pharmacie agréée :

  • Composition non garantie : substitution possible par un autre analogue GLP-1, voire par de l'insuline (cas documenté en 2023 sur les stylos Ozempic falsifiés — alerte ANSM, comas hypoglycémiques)
  • Pas de Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF (Bonnes Pratiques de Fabrication))
  • Pas de stérilité contrôlée pour injection sous-cutanée — risque d'abcès, infections
  • Pas de pharmacovigilance — un effet indésirable ne remonte nulle part
  • Exposition pénale à l'importation selon le Code de la santé publique L. 5111-1 (médicament non autorisé)

Pourquoi attendre

Le retatrutide commercialisé en marché parallèle aujourd'hui n'est pas le retatrutide qui obtiendra son AMM en 2027-2028. Les conditions de production, de pureté, de stérilité et de stabilité ne sont pas comparables. Acheter aujourd'hui = acheter une molécule non identifiée dans un flacon non contrôlé, présentée comme un médicament expérimental.

Pour les acheteurs intéressés par les analogues GLP-1 approuvés : acheter un peptide en France — tous les canaux légaux et fournisseurs de peptides — 12 signaux de risque.

Le retatrutide est la molécule la plus prometteuse du pipeline peptide médicaments contemporain. Triple agoniste GLP-1 + GIP + glucagon — premier de la classe. Perte de poids 24,2 % à 48 semaines en phase 2 — le chiffre le plus élevé jamais rapporté pour un médicament obésité. Programme phase 3 TRIUMPH lancé en 2023, AMM EMA et FDA attendues entre 2027 et 2028.

La trajectoire de la classe est claire : sémaglutide 2017 → tirzepatide 2022 → retatrutide 2027-2028. Chaque génération ajoute un récepteur incrétine et améliore l'amplitude. Le retatrutide aboutit cette logique d'incrémentalité pharmacologique sur dix ans.

Pour l'utilisateur : attendre l'AMM. Le retatrutide commercialisé en marché parallèle aujourd'hui n'est pas le retatrutide qui sera approuvé — composition non identifiée, stérilité non garantie, pharmacovigilance absente, exposition pénale. La meilleure décision d'achat pour 2028-2029 est de ne pas acheter en 2026.

Pour les analogues GLP-1 déjà approuvés et utilisables en circuit pharmacie agréée en 2026 : sémaglutide, tirzepatide, liraglutide.

Sources

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