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Argireline : ce que fait l'acétyl hexapeptide-8 sur la peau

L'Argireline (acétyl hexapeptide-8) est un peptide cosmétique lancé en 2001 par Lipotec, conçu pour imiter un fragment de SNAP-25 et freiner la libération de neurotransmetteurs à la surface de la peau. Mécanisme, claims autorisés, études et limites.

Auteur
L'équipe scientifique des Peptides
Publication
12 mai 2026
Mise a jour
13 mai 2026
Lecture
14 min

TLDR

Ce que c'est — L'Argireline est le nom commercial de l'acétyl hexapeptide-8 (ou -3 selon les bases), un peptide cosmétique de 889 Da breveté en 2001 par Lipotec (Barcelone, groupe Lubrizol). Il appartient à la famille des peptides neuro-inhibiteurs et imite un fragment N-terminal de SNAP-25, une protéine du complexe SNARE impliqué dans la libération de neurotransmetteurs à la jonction neuromusculaire.

Mécanisme — En surface, l'Argireline entre en compétition avec SNAP-25 pour interférer avec la fusion vésiculaire. Conséquence proposée : moins de libération de neurotransmetteurs, donc moins de contraction musculaire fine, donc une légère atténuation des rides d'expression. C'est la base mécanistique posée par Blanes-Mira et al. 2002.

Ce que les études montrent — Effet modeste mais documenté sur les rides d'expression (pattes d'oie, ride lionne) à 4-8 semaines d'usage à 5-10 %. Études cliniques courtes (n < 50), majoritairement financées par l'industrie cosmétique — mode normal du R&D du secteur. Aucun RCT double aveugle indépendant > 12 semaines à ce jour.

Ce que ce n'est pas — Un substitut à la toxine botulique injectable. La toxine est un médicament d'ordonnance qui agit en injection à la jonction neuromusculaire ; l'Argireline est un cosmétique en surface, soumis au règlement européen 1223/2009. Les claims *« botox topique »*, *« lifting non chirurgical »* sont juridiquement interdits.

Le verdict — Peptide cosmétique intéressant scientifiquement, modeste cliniquement, strictement régi par le cadre cosmétique. À 5-10 % en sérum (concentration typique des essais), pour qui calibre ses attentes au niveau d'une atténuation et non d'un effacement.

Questions frequentes sur l'Argireline

Les reponses rapides avant d'entrer dans le detail.

L'Argireline fonctionne-t-elle vraiment ?

Effet modeste, documenté, principalement industriel. Les études cliniques disponibles — la plupart financées par Lipotec ou par les marques qui commercialisent l'actif — rapportent une diminution de l'apparence des rides d'expression (pattes d'oie, ride lionne) après 4 à 8 semaines d'usage à 5-10 %. L'endpoint dominant est l'auto-évaluation par questionnaire, fiable pour mesurer la satisfaction utilisatrice mais faible pour la preuve mécanistique. Ce qui reste solide : la base in vitro est claire (interférence avec le complexe SNARE), publiée dès 2002 par Blanes-Mira et collaborateurs dans *Int J Cosmet Sci*. Ce qui manque : un RCT double aveugle indépendant de plus de 12 semaines, sur un échantillon suffisant. La transparence du financement industriel est une information factuelle, pas une accusation — c'est le mode normal du R&D cosmétique.

Quelle différence entre Argireline et botox ?

Deux mondes différents. La toxine botulique (Botox®, Vistabel®, Azzalure®) est un médicament d'ordonnance, injecté à la jonction neuromusculaire par un médecin esthétique. Elle bloque la libération d'acétylcholine de manière irréversible sur la durée de vie de la terminaison nerveuse — effet 3 à 6 mois, sur la contraction musculaire elle-même. L'Argireline est un cosmétique appliqué en surface, qui doit traverser le stratum corneum (problème non trivial pour un hexapeptide de 889 Da), agit en interférant avec un complexe protéique en amont de la libération, effet réversible à l'arrêt et modeste en amplitude. Comparer les deux comme alternatives est une simplification marketing : pas de RCT comparatif direct n'existe, et la physiologie ne le permettrait pas.

L'Argireline est-il dangereux ?

Profil de sécurité cosmétique bien documenté. L'acétyl hexapeptide-8 figure dans la base européenne CosIng depuis l'entrée en application du règlement 1223/2009. Aucun effet systémique n'est rapporté en usage topique normal. Les effets indésirables possibles sont locaux : irritation, picotement, rougeur — surtout sur peau sensible ou en cas d'association avec d'autres actifs irritants (acides exfoliants, rétinoïdes forts). Bonne pratique : patch-test 48 heures sur la nuque ou l'avant-bras avant l'application faciale, en particulier pour les concentrations à 10 %. La surveillance se fait au titre de la cosmétovigilance ANSM ; tout effet indésirable peut être signalé via signalement.social-sante.gouv.fr.

À quelle concentration utiliser l'Argireline ?

Typiquement 5 à 10 %, ce que les essais cliniques ont utilisé. The Ordinary commercialise *« Argireline Solution 10% »*, référence de marché souvent citée. Monter au-delà de 10 % ne procure pas de bénéfice documenté supplémentaire — au contraire, la formulation devient plus difficile (le peptide est sensible au pH, à l'oxydation, à la température) et le risque d'irritation locale augmente sans gain d'efficacité avéré. La formulation (vecteurs liposomaux, penetration enhancers) compte autant que la concentration brute pour la biodisponibilité réelle.

Quand voit-on les premiers résultats ?

4 à 8 semaines d'usage quotidien dans les essais cliniques disponibles. L'effet rapporté concerne principalement les rides dynamiques (rides d'expression sollicitées par la mimique faciale : pattes d'oie, ride du lion, rides du front) plus que les rides statiques (sillons profonds installés). L'usage doit être régulier — un sérum Argireline appliqué deux fois par jour pendant deux mois n'aura pas d'effet équivalent à un usage tous les trois jours. À l'arrêt, l'effet décroît rapidement (à la différence de la toxine botulique injectable où l'effet persiste 3 à 6 mois après l'injection).

L'Argireline pénètre-t-elle vraiment la peau ?

Le 889 Da est précisément la question. Le stratum corneum, couche cornée de l'épiderme, laisse passer préférentiellement les molécules lipophiles et de petite taille (≤ 500 Da en général). Un peptide hydrophile de 889 Da est à la limite supérieure de la pénétration cutanée passive. Plusieurs voies sont proposées : (a) pénétration partielle via les annexes pilo-sébacées et les microfissures du stratum corneum, (b) vectorisation par liposomes ou nanoémulsions dans les formulations modernes, (c) effet local sur les couches superficielles sans pénétration systémique. Cette question est l'un des points scientifiquement débattus de l'actif — la formulation détermine en grande partie la biodisponibilité réelle, ce qui explique l'écart d'efficacité ressentie entre deux sérums à la même concentration affichée.

L'Argireline en injection existe-t-elle ?

Pas d'indication médicale validée. L'Argireline est conçue comme un peptide topique cosmétique, et son AMM en tant que médicament n'existe nulle part. Des praticiens marginaux ont pu proposer des injections *« d'Argireline »* en mésothérapie cosmétique, sans cadre juridique solide en France. Cette pratique ne doit pas être confondue avec l'injection de toxine botulique (Botox®, Vistabel®, Azzalure®) qui est un médicament d'ordonnance avec AMM française et européenne, indications cosmétiques précises (rides glabellaires d'expression chez l'adulte de moins de 65 ans, ridules périoculaires, etc.) et un cadre médical strict. Faire l'amalgame entre les deux est une erreur scientifique et juridique.

Où acheter de l'Argireline en France ?

Canaux légaux en France : parapharmacie physique (en ville ou en centre commercial), e-commerce déclaré DGCCRF avec mentions légales européennes complètes, magasin bio pour les versions en formulation bio. The Ordinary est largement distribué en parapharmacie et e-commerce. Aucune ordonnance n'est nécessaire — c'est un cosmétique vente libre. Vérifier sur l'étiquette : INCI complet listant *« Acetyl Hexapeptide-8 »* (ou *« Acetyl Hexapeptide-3 »*), responsable de la mise sur le marché identifié, mentions légales européennes. Pour les détails sur les canaux d'achat légaux en France, voir achat-internet-pharmacie-ordonnance.

L'Argireline est un peptide cosmétique conçu pour agir comme un frein topique sur la libération de neurotransmetteurs à la surface de la peau. C'est l'un des actifs les plus identifiables de la famille des peptides neuro-inhibiteurs, et certainement le plus visible commercialement depuis qu'il est apparu en parapharmacie au tournant des années 2000.

Lancé en 2001 par Lipotec (laboratoires basés à Barcelone, aujourd'hui dans le groupe Lubrizol), il porte l'INCI (nomenclature européenne des ingrédients cosmétiques) Acetyl Hexapeptide-8 (anciennement -3 selon les bases — CosIng liste les deux). Son mécanisme proposé est précis : imiter un fragment N-terminal de SNAP-25, une protéine du complexe SNARE qui orchestre la fusion vésiculaire à la jonction neuromusculaire. La séquence-clé a été décrite dès 2002 par l'équipe de Concepción Blanes-Mira (publication pivot dans *Int J Cosmet Sci*).

L'article aborde ce que le mécanisme fait vraiment, à quelles concentrations les essais cliniques l'ont testé, ce que le règlement européen 1223/2009 autorise comme claims, et pourquoi le slogan *« botox topique »* — omniprésent dans le marketing — pose un problème scientifique et juridique en France.

2001, Lipotec brevette un hexapeptide qui imite un fragment de SNAP-25

L'histoire de l'Argireline commence dans un laboratoire de Barcelone à la fin des années 1990, dans un groupe focalisé sur l'application cosmétique des peptides bioactifs.

Le mécanisme SNARE en 30 secondes

À la jonction neuromusculaire (et plus largement dans toutes les terminaisons nerveuses pré-synaptiques), la libération d'un neurotransmetteur exige la fusion d'une vésicule synaptique avec la membrane plasmique. Cette fusion est orchestrée par un complexe protéique appelé SNARE, dont trois acteurs principaux : la syntaxine, la synaptobrévine (VAMP), et SNAP-25 (synaptosomal-associated protein 25). Sans SNAP-25 fonctionnelle, la fusion vésiculaire ne se fait pas, donc le neurotransmetteur n'est pas libéré, donc le signal n'atteint pas la cellule cible.

L'Argireline est un hexapeptide de séquence Ac-Glu-Glu-Met-Gln-Arg-Arg-NH₂ qui mime le segment N-terminal de SNAP-25. En entrant en compétition avec la SNAP-25 endogène pour la formation du complexe SNARE, il interfère partiellement avec la fusion vésiculaire. C'est la base mécanistique posée dans Blanes-Mira et al. 2002.

Pourquoi le marketing parle de *« botox topique »* (et pourquoi c'est inexact)

L'analogie attire l'œil — les deux molécules touchent au complexe SNARE et à la libération de neurotransmetteurs. Mais les analogies cosmétiques cachent presque toujours des différences physiologiques majeures. La toxine botulique clive enzymatiquement SNAP-25 dans la terminaison nerveuse, après injection à la jonction neuromusculaire ; l'Argireline interfère compétitivement à la surface cellulaire et n'atteint pas la terminaison nerveuse en profondeur. Conséquence : l'effet de l'Argireline est plus limité, plus court, plus réversible — et juridiquement, l'analogie *« botox »* sortirait l'actif de son statut cosmétique.

Acétyl hexapeptide-8 vs toxine botulique injectable — deux mondes différents

L'amalgame entre ces deux molécules est l'angle marketing le plus présent en parapharmacie cosmétique. La physiologie ne le permet pas, le droit non plus.

Pourquoi un hexapeptide de 889 Da pénètre mal sans formulation aidée

Le stratum corneum (couche cornée externe de l'épiderme), couche cornée externe de l'épiderme, laisse passer préférentiellement les molécules de faible poids moléculaire (≤ 500 Da en général selon la *règle des 500 daltons* de Bos et Meinardi) et lipophiles. Un peptide hydrophile de 889 Da comme l'Argireline est au-dessus de ce seuil. Trois voies de pénétration sont discutées dans la littérature (revue Wang 2013) :

  • Pénétration partielle via les annexes pilo-sébacées et les microfissures du stratum corneum
  • Vectorisation par liposomes, nanoémulsions ou penetration enhancers dans les formulations modernes
  • Action sur les couches superficielles sans pénétration systémique

La formulation détermine donc en grande partie la biodisponibilité réelle. Deux sérums Argireline à 10 % peuvent donner des résultats sensiblement différents selon le système de délivrance choisi par le formulateur.

Pas de RCT (essai randomisé contrôlé) comparatif direct vs toxine botulique

À ce jour, aucun essai randomisé contrôlé n'a comparé directement Argireline topique et toxine botulique injectable (Botox®, Vistabel®, Azzalure® — médicaments d'ordonnance avec AMM ANSM). Et il y a une raison physiologique : les deux molécules opèrent à des échelles d'amplitude différentes par construction. Le tableau ci-dessous résume les deux mondes.

Schema annote en pixel art montrant syntaxine, VAMP, SNAP-25, complexe SNARE et Argireline.
Le schema suit les trois etapes: SNARE separees, complexe assemble, puis competition par l'Argireline.
Argireline (cosmétique) vs toxine botulique (médicament d'ordonnance) — points de comparaison physiologiques et réglementaires.
CritèreArgireline (acétyl hexapeptide-8)Toxine botulique (Botox®, Vistabel®, Azzalure®)
Statut juridiqueCosmétique (règlement 1223/2009)Médicament d'ordonnance (AMM ANSM/EMA)
Poids moléculaire889 Da~150 kDa (protéine entière)
Voie d'administrationTopique (sérum, crème)Injection intramusculaire ciblée
Mécanisme sur SNAP-25Compétition à la surfaceClivage enzymatique dans la terminaison nerveuse
Site d'actionCouches superficiellesJonction neuromusculaire en profondeur
Durée d'effetRéversible à l'arrêt (jours-semaines)3 à 6 mois après injection
Amplitude d'effetModeste (rides d'expression)Forte (paralysie locale du muscle cible)
PraticienAucun (auto-application)Médecin esthétique (acte médical encadré)
Cadre françaisVente librePrescription, acte médical, structure agréée

Concentration efficace — 5 à 10 % typique, et ce que ça veut dire vraiment

La majorité des sérums Argireline du marché tournent autour de 5 % (entrée de gamme) à 10 % (positionnement actif). Quelques formulations dépassent — sans bénéfice documenté supplémentaire.

The Ordinary 10 % — la référence de marché souvent citée

The Ordinary commercialise *« Argireline Solution 10% »*, devenu l'un des points de repère du marché grand public depuis le milieu des années 2010. Sa popularité ne signifie pas qu'il s'agit du sérum *« le plus efficace »* — la marque revendique elle-même une concentration brute, pas un système de formulation premium. C'est un cas d'école utile : il a permis de démocratiser un actif jusqu'alors réservé aux marques haut de gamme.

Lire l'INCI : où chercher Acetyl Hexapeptide-8

Dans la liste des ingrédients (INCI), Acetyl Hexapeptide-8 apparaît typiquement vers le milieu — entre les actifs principaux et les conservateurs. Une position trop basse (proche des conservateurs en fin de liste) suggère une concentration cosmétique très faible. La base INCI Decoder recense l'occurrence de l'actif dans des centaines de formulations européennes.

5 % vs 10 % : la marketing curve plus que la science curve

Les études cliniques publiées portent majoritairement sur 5 % et 10 %. Au-delà, la justification scientifique manque : pas de relation dose-effet linéaire documentée au-dessus de 10 %, formulation plus difficile (sensibilité au pH, à l'oxydation, à la température), risque d'irritation locale qui augmente. La formulation compte autant que la concentration brute pour la biodisponibilité réelle. Un sérum à 10 % mal vectorisé peut faire moins qu'un sérum à 5 % bien liposomé.

Une douzaine d'études cliniques, et leurs limites

La littérature clinique sur l'Argireline a une particularité : elle est dense en quantité d'études courtes, fine en RCT indépendants longs.

L'étude pivot Blanes-Mira 2002

Blanes-Mira et collaborateurs publient en 2002 dans *International Journal of Cosmetic Science* l'article qui fonde le mécanisme. Deux volets :

  • Volet in vitro : démonstration que l'hexapeptide interfère avec la formation du complexe SNARE et avec la libération de catécholamines dans des cellules chromaffines bovines
  • Volet clinique exploratoire : 10 femmes appliquant une crème à 10 % d'Argireline pendant 30 jours sur les rides périoculaires — diminution mesurée par projection optique 3D des rides à J30

C'est une étude pivot par sa qualité mécanistique, mais l'échantillon clinique est trop petit pour conclure définitivement sur l'efficacité.

Les études ultérieures — financement industriel comme mode normal

Les études cliniques publiées depuis sont majoritairement financées par Lipotec ou par les marques qui commercialisent l'actif. Endpoints typiques : auto-évaluation par questionnaire (« mes rides sont-elles moins visibles ? »), photographies avant/après, biomicroscopie cutanée à 4-8 semaines, n entre 20 et 80 sujets. Une étude histopathologique de 2017 a regardé les changements de structure dermique après application — résultats descriptifs, sans bras contrôle robuste.

À dire clairement : le financement industriel d'un essai clinique cosmétique est le mode normal du R&D du secteur, pas un drapeau rouge. C'est une information utile au lecteur, qui calibre l'évaluation de la preuve avec.

Ce qui manque

  • Aucun RCT double aveugle indépendant > 12 semaines à ce jour
  • Aucune étude comparative directe vs un placebo formulé identiquement
  • Très peu d'études chez l'homme (la quasi-totalité des cohortes sont féminines)

Hiérarchie de preuve résumée

  • Mécanisme in vitro : robuste (SNARE, fusion vésiculaire, libération de neurotransmetteurs en culture cellulaire)
  • Clinique courte : convergente sur un effet modeste sur les rides d'expression à 4-8 semaines
  • Clinique longue indépendante : absente

Le règlement 1223/2009 trace la frontière — voici les claims interdits pour l'Argireline

L'acétyl hexapeptide-8 est notifié au CPNP (Cosmetic Products Notification Portal) (Cosmetic Products Notification Portal) comme ingrédient cosmétique. Sa commercialisation est régie par le règlement européen 1223/2009, applicable depuis juillet 2013.

Claims autorisés

Claims sur l'apparence de la peau, sa fonction barrière, son hydratation, son confort, son éclat : *« diminue l'apparence des rides d'expression »*, *« lisse »*, *« assouplit »*, *« atténue les ridules »*, *« peau plus souple »*.

Claims interdits — la liste qui fait toute la différence

  • *« Botox topique »*, *« botox naturel »*, *« botox sans aiguille »*
  • *« Paralyse les muscles »*, *« relaxe le muscle en profondeur »*
  • *« Lifting non chirurgical »*, *« anti-âge clinique »*
  • *« Régénère le derme »*, *« remplace une intervention »*
  • *« Effet médical »*, *« propriétés thérapeutiques »*

L'usage de ces termes sortirait l'Argireline de son statut cosmétique et la requalifierait en médicament non autorisé — donc en infraction. La DGCCRF et la cosmétovigilance ANSM sont compétentes pour faire respecter cette frontière.

Pour comprendre la cartographie complète des trois statuts (médicament, complément, cosmétique)

Voir la page doctrinale médicament, complément, cosmétique : trois statuts à ne pas confondre. Elle détaille l'AMM, la notification CPNP, les autorités compétentes par statut, et les pratiques qui glissent entre les statuts.

Les avant/après marketing — cinq paramètres à vérifier

Les photos avant/après sont autorisées sur les cosmétiques. Elles sont aussi encadrées : conditions d'éclairage et de pose comparables, durée d'utilisation mentionnée, échantillon représentatif. En pratique, beaucoup d'avant/après commerciaux sont sélectionnés ou retouchés pour maximiser l'effet visuel.

Les cinq paramètres qui font qu'un avant/après est cherry-picked

  1. Éclairage différent entre les deux photos — un éclairage rasant met en évidence les rides, un éclairage frontal les efface. C'est le truc le plus simple et le plus invisible.
  2. Expression faciale différente — pour Argireline, c'est crucial : la photo *« avant »* est souvent en contraction musculaire (sourire forcé, regard plissé), la photo *« après »* en repos relaxé.
  3. Durée d'utilisation non spécifiée — un effet observé après 6 mois d'usage quotidien à 10 % n'est pas comparable à un effet revendiqué *« en 14 jours »*.
  4. Échantillon non représentatif — la sélection des trois meilleurs résultats sur 30 utilisatrices fait passer un effet rare pour un effet typique.
  5. Retouche post-production — gommage des rides en photoshop, lissage de la texture cutanée.

La même grille s'applique à tout produit cosmétique avec photos avant/après. La page collagène : avis et limites déroule la même méthode sur les avis utilisateurs et les *« j'ai testé »* — sur ce sujet, le mécanisme de tromperie est strictement analogue.

À qui s'adresse un sérum Argireline — calibrer les attentes

Le rapport coût/bénéfice d'un sérum Argireline dépend du profil et des attentes du lecteur.

Profil pour qui l'usage est intéressant

  • Adulte 30-50 ans, peau normale à mature, attentes modérées sur la diminution des rides d'expression (pattes d'oie, ride lionne, ride du front)
  • Personnes qui veulent une routine cosmétique régulière, applicable matin/soir, sans intervention médicale
  • Profil prêt à accepter qu'un cosmétique cosmétique = effet cosmétique, c'est-à-dire modeste, réversible, à entretenir

Profil à qui c'est moins indiqué

  • Attentes au niveau d'un botox injectable (effacement net des rides) — l'écart d'amplitude est physiologiquement inévitable
  • Peaux très sèches sans formulation hydratante associée — l'Argireline en solution aqueuse pure peut accentuer la sensation de tiraillement
  • Antécédents d'irritation à un autre peptide ou à un actif similaire — patch-test impératif

Bonnes pratiques de patch-test

Appliquer une petite quantité sur la nuque ou la face interne de l'avant-bras, attendre 48 heures, observer toute rougeur, picotement ou irritation. Si réaction → pas d'application faciale. Si pas de réaction → application progressive (un jour sur deux la première semaine), puis quotidienne.

Si l'objectif est vraiment d'effacer les rides d'expression

La toxine botulique en injection est l'option médicale validée. Elle se discute avec un médecin esthétique, dans un cadre médical (AMM, indications cosmétiques précises, suivi). C'est un acte médical, pas un achat cosmétique.

Disponibilité en France — parapharmacie, e-commerce, et ce qu'on lit sur l'étiquette

L'Argireline est un cosmétique vente libre. Aucune ordonnance, aucune restriction d'achat.

Canaux légaux en France

  • Parapharmacie physique (en ville, en centre commercial, dans les enseignes spécialisées)
  • E-commerce déclaré DGCCRF avec mentions légales européennes complètes
  • Magasin bio pour les versions formulées en cosmétique bio

The Ordinary Argireline Solution 10% est largement distribué via ces canaux. D'autres marques françaises et étrangères intègrent l'actif dans des sérums *« anti-rides »* — sans classement de marques ici, c'est un choix de positionnement de la marque, pas une question d'efficacité.

Ce qu'on vérifie sur l'étiquette

  • INCI complet listant *« Acetyl Hexapeptide-8 »* (ou *« Acetyl Hexapeptide-3 »* — synonymie INCI)
  • Concentration (typiquement 5 % ou 10 %)
  • Responsable de la mise sur le marché européen clairement identifié
  • Mentions légales européennes complètes
  • Lot et date de péremption lisibles

Pour la cartographie complète des canaux d'achat légaux en France (médicament, complément, cosmétique), voir acheter un peptide en France.

L'Argireline est un cas d'école de peptide cosmétique : mécanisme scientifiquement intéressant (interférence compétitive avec SNAP-25 et le complexe SNARE), effet clinique modeste mais documenté sur les rides d'expression, cadre cosmétique strict qui interdit l'analogie *« botox topique »*. Vingt-cinq ans après son brevet, il reste l'un des actifs neuro-inhibiteurs les plus identifiables sur les étiquettes.

Le choix d'en utiliser ou non se ramène à la calibration des attentes. À 5-10 % en sérum, deux fois par jour, pour quelqu'un qui veut atténuer des rides d'expression sans intervention médicale, c'est cohérent. Pour qui cherche l'amplitude d'un acte médical, c'est un faux ami. La science ne fait pas plus que ce qu'elle peut faire — et c'est déjà pas mal, à condition de ne pas lui faire dire ce qu'elle ne dit pas.

Schema compare Argireline topique et toxine botulique injectable, avec couches superficielles et jonction neuromusculaire.
Même famille de cible biologique, mais route, profondeur et statut juridique changent tout.

Sources

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